Qui suis-je ?
Natacha, conseillère pédagogique et créatrice des Apprentis-Sages
Professeure des écoles depuis 2001, ancienne directrice, formatrice d'enseignants. J'aide les parents d'enfants de 3 à 11 ans à comprendre les difficultés du quotidien et à accompagner les compétences que leur enfant est en train de construire, grâce à des histoires, des activités courtes et des repères concrets.
Il est 20 h 15.
Le cartable est encore ouvert. Votre enfant pleure, ou se ferme, ou explose pour une gomme perdue. Vous tranchez, parce qu'il faut bien décider quelque chose. Et une heure plus tard, dans le silence de la maison, la question revient : est-ce que j'ai bien fait ?
Ne plus savoir quoi faire à ce moment-là ne fait pas de vous un mauvais parent.
Personne ne nous apprend à être parent.
On apprend un métier. On passe des diplômes, des permis. On s'entraîne, on a le droit de se tromper avant que ça compte vraiment. Pour celui-là, non : on commence directement, sans mode d'emploi, souvent fatigué, en devant décider vite — et en découvrant les conséquences après.
Alors on doute, on se décourage certains soirs, on porte une charge émotionnelle que personne ne voit. Et par-dessus, cette petite voix :
« Est-ce que je suis un bon parent ? »
Il n'existe pas de parent parfait, ni de modèle unique valable pour toutes les familles. Il existe en revanche des repères qui peuvent nous aider à décider plus sereinement.
Ni vous ni votre enfant ne vous résumez à un profil. On peut être ferme un mardi et débordé le jeudi, patient dans une situation et à bout dans une autre. Un enfant change lui aussi en permanence. Le réduire au « timide », au « colérique » ou à « celui qui ne fait pas d'effort » ne dit pas ce qu'il peut encore apprendre. L'enfermer dans une case, ce n'est pas le décrire : c'est l'empêcher.
Observer, en revanche, est précieux. Repérer ce qui revient, ce qui a changé, ce qui se passait juste avant : non pas pour ranger votre enfant quelque part, mais pour voir le chemin qu'il est en train de faire.
Je m'appelle Natacha.
Je suis professeure des écoles depuis 2001. J'ai d'abord enseigné en classe, de la petite section au CM2, puis pris la direction d'une école tout en gardant ma classe, avant d'en être complètement déchargée pour diriger un établissement de 350 élèves. C'est pendant ces années que je suis devenue formatrice. Aujourd'hui, je suis conseillère pédagogique : j'accompagne les enseignants dans leurs projets et j'assure leur formation continue. Je ne suis plus en classe.
- EnseignanteEn classe, pendant des années, tous les jours, avec les vrais enfants et au contact des parents.
- Directrice d'écoleOù j'ai vu ce qui se joue de l'autre côté de la porte : les familles qui s'inquiètent, les équipes qui cherchent, les enfants qui passent entre les mailles.
- FormatriceÀ transmettre.
- Conseillère pédagogiqueÀ accompagner d'autres enseignants dans leur classe.
Je me suis formée notamment à la communication bienveillante, à la prévention du harcèlement à l'école, à la santé mentale et aux compétences psychosociales. J'étudie aussi tout ce que la recherche nous apprend sur la façon dont un enfant apprend, apprend à se connaître et à vivre avec les autres.
Les échanges avec les familles m'ont beaucoup appris, et beaucoup nourrie.
Je n'avais pas toujours la réponse. J'ai toujours cru qu'il existait un chemin.
Vingt-cinq ans d'école, des centaines d'enfants — et il m'est arrivé souvent de me sentir démunie devant l'un d'eux. De ne pas comprendre ce qui bloquait. D'essayer quelque chose qui ne donnait rien. De me tromper.
Simplement, ce chemin n'était pas toujours celui que j'avais pris jusque-là. Alors je reprenais autrement : une autre entrée, un autre angle, un autre moment de la journée. Parfois il a fallu dix tentatives. La dixième fonctionnait.
C'est peut-être ce que je peux vous offrir de plus utile : pas des réponses toutes faites, mais cette persévérance-là.
Parce que le monde a changé, et vite. Les écrans, le rythme, la comparaison permanente, la quantité d'informations : ce sont des questions neuves, y compris pour ceux dont c'est le métier. Et quand on cherche à s'y retrouver, on tombe sur des dizaines de spécialistes qui disent des choses différentes, parfois opposées.
Alors oui, il reste des doutes. Ils ne disparaîtront pas complètement, et ce n'est pas un défaut : ils font partie du métier de parent comme ils font partie du mien. Ce qui compte, c'est de choisir quand même, de faire confiance à ce qu'on décide, puis de rééquilibrer si c'est nécessaire.
On ne se trompe pas une fois pour toutes. On reprend. C'est exactement comme ça que les enfants apprennent. Nous aussi.
Le rendez-vous à l'école.
L'enseignante ou l'enseignant de votre enfant vous attend. Vous entrez dans la classe et, presque immédiatement, vous cherchez des yeux la place de votre enfant. Puis vous vous asseyez là, à sa table. Les tables et les chaises sont presque à hauteur d'adulte : rien ne vous y oblige, rien ne vous gêne. Vous le faites naturellement.
Et en une seconde, tout est rejoué : l'école d'en face, la maîtresse qui va parler, l'élève qui écoute.
Ce n'est pas une question de taille de chaise ou de hauteur de table. C'est une question de place.
C'est précisément ce qui m'a frappée. Comment parler d'égal à égal après ça ?
Alors, de mon côté de la table, j'ai arrêté. Dans une classe, il n'y a en général qu'une seule chaise d'adulte : celle du bureau de l'enseignant. Mais j'avais toujours, en fond de classe, des tables de regroupement. C'est là que je recevais les parents. Côte à côte, à une table qui n'était la place de personne. Ça paraît minuscule et ça change tout : vous n'êtes plus assis à la place d'un élève, mais à la vôtre.
Parce que j'ai vu, trop souvent, des parents repartir d'un rendez-vous avec le sentiment d'avoir raté quelque chose. En silence. Pourtant, dire qu'un enfant rencontre une difficulté, ce n'est pas dire que ses parents l'élèvent mal.
Gagner cette confiance prenait du temps. Certains repartaient encore fermés. Je ne me suis jamais découragée : je sème des graines, c'est tout. Et un jour ça arrivait — un parent m'arrêtait au portail, sans rendez-vous, sans dossier, pour poser une vraie question. Détendu. C'était ma plus grande réussite de l'année.
Je connais ces rendez-vous. Des deux côtés.
Je suis maman de trois enfants, que j'ai élevés seule pendant plusieurs années après une séparation, avant de construire une famille recomposée de quatre.
J'ai eu, moi aussi, ces rendez-vous à l'école. Le trajet en se demandant ce qu'on va nous dire. La chaise. Et cette sensation très particulière d'entendre parler de son enfant par quelqu'un d'autre. Si vous connaissez ce petit serrement juste avant d'entrer, alors nous parlons de la même chose.
Je n'ai jamais dit que j'étais enseignante. Ni directrice, ni formatrice. À ces moments-là, j'étais venue comme mère, et je tenais à rester à cette place.
Je ne suis pas là pour vous expliquer votre enfant.
Je suis là pour le comprendre avec vous.
Un enfant qui va bien et qui se sent à sa place apprend mieux.
J'ai toujours voulu transmettre — des connaissances, des savoirs, des valeurs —, faire progresser, voir des enfants réussir. La pédagogie est mon cœur de métier et ma passion. Mais j'ai vu très vite que l'entrée n'était pas là : la réussite d'un enfant ne commence pas par la méthode de lecture. Elle commence par l'envie de venir à l'école, par le fait de s'y sentir bien, d'y avoir sa place, d'y être reconnu et de comprendre ce que l'on vient y faire. Tout le reste vient après — et vient beaucoup mieux.
J'ai donc commencé par regarder autre chose. Est-ce que cet enfant sait ce qu'il aime ? Est-ce qu'il sait comment il s'y prend, lui, pour comprendre quelque chose ? Est-ce qu'il sait ce qu'il vient faire à l'école ? Ce sont les mêmes questions que vous pouvez vous poser à la maison. Parce qu'un enfant qui se connaît un peu est un enfant plus serein et confiant — et un enfant plus serein a de la place dans la tête pour apprendre.
Et puis il y a l'erreur. La recherche a beaucoup éclairé, ces dernières années, la façon dont un enfant apprend vraiment. Une chose revient toujours : il faut cesser de voir l'erreur comme une fin en soi et la regarder comme un levier pour apprendre et progresser. Un enfant qui a peur de se tromper s'arrête. Un enfant qui sait recommencer avance.
Derrière une difficulté, il y a souvent une compétence qui n'est pas encore solide.
Un enfant qui « ne se concentre pas », qui « fait des crises », qui « n'ose pas », qui « abandonne tout de suite » — c'est un enfant qui n'a pas encore appris. Se connaître. Retrouver son calme. Rester engagé quand c'est difficile. Entrer en lien. S'adapter à l'imprévu. Oser explorer.
Ces forces-là ne viennent pas toutes seules avec le caractère. Elles s'apprennent, comme la lecture s'apprend — et elles servent toute la vie. Ces apprentissages-là se font souvent de façon implicite. Il est pourtant essentiel de les nommer et de les accompagner, à l'école comme à la maison.
Vous, parents, ne manquez ni d'amour ni de volonté pour votre enfant. Vous avez besoin d'outils compréhensibles et utilisables à la maison, dans une journée réelle. Alors j'ai transposé ce que je fais en classe dans une forme qu'un enfant accueille volontiers : une histoire.
Une histoire permet souvent d'aborder une difficulté sans placer immédiatement l'enfant face à une leçon ou à un reproche. Dans La Grande Vallée du Delta d'Omaïa, six compagnons principaux vivent des situations proches de celles de votre enfant :
La PanthèreSe connaître.
La TortueRetrouver son calme.
Le TigreRester engagé.
Le DauphinEntrer en lien.
Le CaméléonS'adapter à l'imprévu.
La LoutreOser explorer.
Aucun n'a de pouvoir magique. Ils essaient, se trompent, recommencent, demandent parfois de l'aide et ajustent leur manière d'agir. Ils ne donnent pas une morale toute faite : ils vous permettent de parler d'une situation concrète. Un compagnon accompagne votre enfant sur un moment de son chemin, puis un autre prend le relais — au rythme de son évolution, et au vôtre.
Car vous aussi avancez. Chaque histoire ouvre ensuite sur un échange parent-enfant, de courtes activités ancrées dans le quotidien, un défi observable chaque semaine. Vous serez guidés par des questions simples — qu'est-ce qui a changé ? qu'est-ce qui se passait juste avant ? — et vous finirez par repérer ce qui ne se voyait pas.
Concrètement : ce soir, quand le cartable sera encore ouvert sur la table, vous aurez quelque chose à proposer. Pas une technique — une histoire que vous aurez lue ensemble, et à laquelle vous pourrez revenir. J'explique tout cela en détail sur la page La méthode des Apprentis-Sages.
Ce que je ne vous promets pas
- Je ne vous promets pas un enfant transformé en trois semaines.
- Je ne vous promets pas de méthode qui marche pour tous les enfants, tout le temps.
- Je ne vous dirai jamais que si ça ne fonctionne pas, c'est parce que vous n'avez pas assez bien fait.
Ce que je vous propose, c'est un chemin : des histoires à partager, des activités concrètes, une façon d'observer ce qui aide réellement votre enfant à partir de repères fondés. Et quelqu'un qui a passé vingt-cinq ans à côté d'enfants de cet âge, et qui marche à côté de vous. Vous pourrez essayer, regarder ce qui change et ajuster, sans rechercher la perfection.
Est-ce de la parentalité positive ?
Je ne propose pas un modèle de parentalité auquel les familles devraient se conformer. Ma démarche aide le parent à comprendre ce que son enfant est en train d'apprendre, à observer ce qui se passe dans le quotidien et à tester des ajustements concrets — sans jugement et sans recherche de perfection.
Mon enfant sera-t-il classé dans une catégorie ?
Non. Aucun enfant n'« est » une Panthère ou une Tortue. Un compagnon accompagne votre enfant sur un moment de son chemin, puis un autre prend le relais, au rythme de son évolution. Enfermer un enfant dans une case, c'est empêcher ce qui allait bouger — l'inverse exact de ce que je cherche à faire.
Faut-il du matériel ou du temps supplémentaire ?
Non. Rien à imprimer, rien à acheter pour commencer, pas d'heure de plus à trouver dans une journée déjà pleine : une histoire à lire ensemble et quelques minutes de jeu suffisent. Cela se pratique à la maison, dans la voiture, sur le trajet de l'école.
Trouver sa place, ça s'apprend. Ensemble.
C'est ma phrase. C'est ce en quoi je crois après vingt-cinq ans.
Vous n'êtes pas assis à la place de votre enfant.
Vous êtes à la vôtre.
Par où continuer
- Comprendre la méthode des Apprentis-SagesLe fonctionnement au quotidien, en détail.
- Découvrir l'univers d'OmaïaLa Grande Vallée, ses lieux et les six compagnons.
- Les difficultés du quotidien, thème par thèmeLe soir sans crise, l'école sans bataille, trouver sa place, grandir pour de vrai.
- L'application OmaïaLes histoires de la Vallée dans votre poche.
- Le blog : mes réponses aux questions de parentsDes articles nourris de vingt-cinq ans de classe.
Vous préférez prendre le temps ? Restons en lien.
Chaque semaine, une idée simple, un geste concret, une histoire à partager.
Natacha, conseillère pédagogique et formatrice d'enseignants. 25 ans auprès d'enfants de 3 à 11 ans et de leurs familles.